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Des livreurs indépendants créent «Les coursiers rennais»

Publiée le 19/11/2020
  • A Rennes, des livreurs indépendants s’unissent autour d’un collectif pour s’extirper des plates-formes comme Deliveroo et UberEats.
  • Baptisé Les Coursiers rennais, ce collectif se lancera lundi avec les pizzerias Angello, avant de s’élargir à d’autres restaurants.
  • Les livreurs sont de plus en plus critiques vis-à-vis des plates-formes nationales qui ne les rémunèrent pas dignement.

Nantes, Lille, Paris, Angers… Depuis quelques années, la plupart des villes françaises voient des livreurs indépendants se regrouper pour monter leur plate-forme indépendante de livraisons de repas à domicile. Rennes n’en était pas dotée mais « l’anomalie » sera bientôt corrigée. Dès lundi, un collectif baptisé « Les coursiers rennais » proposera aux restaurants de la capitale bretonne une alternative aux géants que sont Deliveroo, UberEats ou encore JustEat. Un choix assumé face à la dégradation de leurs conditions de travail. « On a vu le cadre tarifaire des plates-formes évoluer ces derniers temps. Et pas dans le bon sens pour nous », détaille Hugo, l’un des fondateurs des Coursiers rennais.

Pour l’heure, seuls dix livreurs ont intégré la démarche dans une ville où l’on dénombre environ 500 licences plus ou moins actives. Eux revendiquent une livraison à vélo, là où les scooters arrivent en force, et souhaitent améliorer la rémunération. « Avec Deliveroo, nous n’avons aucune visibilité sur nos revenus. Les méthodes de calcul sont très complexes et dépendent de plein de critères. Parfois, on doit attendre cinquante minutes pour faire une course payée 2,50 euros. On ne peut pas s’en satisfaire », poursuit Hugo.

« On ne voulait pas cautionner que des livreurs soient payés au lance-pierre »

Lundi soir, c’est un champion de France qui enverra ses spécialités dans les besaces des coursiers rennais. Elu meilleur pizzaïolo de l’Hexagone en 2014, Yann Dayer a dû fermer ses deux pizzerias Angello en raison du confinement. Celui qui s’était toujours refusé à faire de la livraison a finalement changé de point de vue en croisant le chemin des coursiers indépendants. « On ne voulait pas pour des raisons écologiques parce qu’on ne voulait pas mettre des scooters ou des voitures sur les routes. Mais aussi parce qu’on ne voulait pas cautionner que des livreurs soient payés au lance-pierre », assume Françoise Dayer, propriétaire des deux restaurants rennais.

 

Après s’être ouvert à la vente à emporter grâce à son site de vente en ligne mis en place par les Rennais de TocTok​, Angello va tester ce que bon nombre de pizzerias font depuis bien longtemps : la vente à emporter. « C’est un pari pour nous mais on y croit. On est persuadés qu’il y a des gens pour consommer autrement », explique Françoise Dayer. Car l’indépendance a un coût. Pour rémunérer dignement leurs livreurs, Les Coursiers rennais factureront chaque livraison entre six et dix euros selon la distance, à la charge du client. « Les autres plates-formes affichent parfois une livraison à 4 euros mais elles prennent en plus 30 % au restaurateur. Nous voulons être plus transparents. Il faut expliquer le vrai prix des choses. D’autant que l’on voit bien que certains culpabilisent quand ils passent commande », estime Hugo.

Un seul restaurant, bientôt plus

Après un premier test avec Angello, Les Coursiers rennais s’ouvriront rapidement à d’autres enseignes, notamment celles inscrites dans le dispositif « Ton resto à la maison » monté pendant le confinement et qui regroupe une quinzaine de tables rennaises. Un premier pas vers la liberté.

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